Afin de rationaliser l’orthographe, ÉROFA (Études pour une Rationalisation de l’Orthographe Française d’Aujourd’hui) milite pour une orthographe comportant un nombre restreint de règles, celles-ci étant énoncées en termes simples, n’admettant ni exceptions ni cas particuliers, faciles à comprendre, à mémoriser et à appliquer par tous.
Dans ce sens, ÉROFA propose aujourd’hui une rationalisation du doublement des consonnes et une généralisation du « s » comme marque du pluriel. Cet article, présentant ces propositions, est en lien avec le numéro 173 du Journal de l’alpha « Questions de grammaire et d’orthographe » qui traite notamment de la nouvelle orthographe.
Rationaliser l’orthographe
Par Claude Gruaz.
Les Rectifications de 19901 ont ouvert une nouvelle voie dans le
domaine des réformes. Les points retenus avaient pour la plupart
été abordés dans les projets antérieurs, mais ce qui a constitué
une véritable avancée est le choix délibéré de ne traiter qu’un
nombre limité de points de réforme.
C’est cette option que nous avons reprise dans les études menées
par ÉROFA2.
L’objectif de ces études est énoncé sur la première page du
site : « Pour la défense des grandes régularités qui constituent
l’ossature de l’orthographe française, ce qui se traduit par
l’extension de leur champ d’application et la réduction du nombre
d’exceptions ».
Nous avons pris garde de ne pas retenir le terme de simplification,
à la fois vague et péjoratif, qui pourrait laisser entendre que
l’on s’oriente vers le laxisme, par exemple vers une orthographe
phonétique ou vers la suppression de toutes les lettres inutiles,
ce qui pose plus de problèmes que cela n’en résout.
L’orthographe actuelle constitue un réseau dans lequel un point
particulier est au centre de multiples implications et le modifier
un tant soit peu entraine inévitablement des répercussions dans
des zones dont on n’a généralement ni conscience ni, bien souvent,
connaissance.
La rationalisation, telle que nous l’entendons, consiste à
tracer de grandes avenues dans la cité orthographique actuelle,
encombrée de mille petites ruelles dans lesquelles on ne
s’aventure jamais sans craindre d’être agressé à chaque coin de
rue.
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